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La pompe à essence

Le savoir nous permettrait de mieux appréhender ses modes de défaillance et d’y remédier. C’est ce que je vous propose de découvrir avec ce plongeon dans les entrailles de cet élément mystérieux qui, fidèlement à la devise Solex, tire son efficacité et sa longévité de son extrême simplicité.

Quelle technologie?

La pompe à essence d’un Solex est une pompe volumétrique, c’est-à-dire qu’elle déplace le mélange (essence + huile) d’un point à un autre non pas en continu mais par paquets (= un certain volume à chacun des battements, comme un cœur humain).

Ça, c’était pour les mécanos et les biologistes!

D’où vient l’énergie?

Comme tout organe mécanique dynamique, la pompe doit puiser de l’énergie quelque part afin de remplir son rôle (i.e. aspirer du mélange dans le réservoir et le refouler vers le carburateur). Pour faire savant, sachez que la pompe d’un Solex est de type pneumatique: elle utilise des variations de pression gazeuse comme source d’énergie.

Allons un peu plus loin dans le détail.

Simplifions: on peut imaginer le moteur du Solex comme un cylindre fermé à ces deux extrémités à l’intérieur duquel coulisse le piston. En haut du cylindre, la bougie qui lorsqu’elle étincelle provoque la combustion du mélange. Le piston est alors repoussé vers le bas du cylindre, puis il remonte quelques instants plus tard vers sa position haute… et rebelote.

Ce cylindre étant ferme, la quantité de gaz emprisonnée dans le bas du cylindre est constante; le piston descendant va donc comprimer le gaz s’y trouvant, créant une surpression. Le piston remontant provoque l’effet inverse, c’est-à-dire une dépression.

Cette alternance de surpressions et de dépressions est la source d’énergie de la pompe.

Et puis après?

Ces variations de pression sont véhiculées via un petit canal de communication entre la partie inférieure du cylindre et l’arrière de la pompe à essence. Elles sont utilisées pour faire vibrer une membrane élastique. Cette dernière se déforme et modifie le volume d’une cavité située à l’arrière de la pompe, entre le corps de pompe et le siège de pompe: une surpression provoque un creux de la membrane (coté pompe), une dépression génère un ventre.

La variation de volume induite correspond directement à un déplacement de mélange de l’autre côté de la membrane, à l’intérieur de la pompe.

Voila, notre pompe volumétrique pneumatique est presque opérationnelle… reste juste à canaliser le flux de mélange déplacé dans la bonne direction, ce qui est obtenu grâce à des clapets à billes.

Vue simplifiée en demi-coupe d’une pompe de type 2200, capot et filtre enlevés en façade.

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Où l’on parle des fameuses billes!

Afin d’envoyer le mélange depuis le réservoir vers le carburateur, nous avons besoin de mettre en place certaines « règles de circulation » pour le mélange que nous savons désormais déplacer. C’est le rôle des clapets à bille.

Ils sont au nombre de deux, fondés sur le principe d’une sphère collée ou non sur un siège. Ils empêchent le mélange de repartir vers le réservoir tout en forçant le flux vers le carburateur.

Les règles de circulation sont les suivantes:

  • bille collée sur siège, pas de passage du mélange;
  • bille décollée du siège, passage du mélange.

C’est bêtement le principe du bouchon de carafe, avec toutefois deux astuces de taille: c’est le mélange qui déplace lui même les billes sous l’action de la membrane, et nos clapets s’ouvrent et se ferment en opposition (1 ouvert, 1 fermé, et réciproquement).

Mais le plus simple c’est de voir cela en image sur cette modélisation simplifiée d’une pompe de 2200.

En vert, symbolisation du flux de mélange huile essence.

En rose, le flux pneumatique (apport d’énergie).

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Voila, vous savez tout ou presque, et la pompe n’a plus de secrets pour vous.

 

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Modes de défaillance de la pompe.

Je vais juste les citer sur la base du fonctionnement décrit ci-dessus; les causes et remèdes se trouvent dans la rubrique Diagnostiquer les pannes;

  • absence de surpression / dépression à l’arrière de la membrane (pas d’énergie de fonctionnement),
  • membrane inefficace (pas d’effet pneumatique),
  • clapets inefficaces (pas de règles de circulation).
     

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